
Donc début d'août; les vacances achèvent et le travail reprendra bientôt pour une nouvelle année scolaire. Je viens m'installer, comme à tous les jours, devant mon ordinateur afin de "chater" avec des connaissances de tous les coins de la province.
Soudain, un inconnu fait clignoter mon coucou; il me demande d'où je viens et la conversation débute avec lui comme avec tous les autres auparavant. Questions banales, situationnelles et sans grande importance. Nous échangeons sur notre vie en général et c'est tout. Une autre journée de terminée. On se parle un peu pendant quelques jours et soudain plus rien!
Je n'y accorde pas plus d'importance quand, au bout de quelques jours, je décide de "faire le ménage" de ma liste de contacts. Je détruis des noms dont je suis sans nouvelle depuis un certain temps quand je décide
d'essayer une dernière communication avec lui...
Pendant ce temps, lui est désemparé; il a perdu tout contact avec moi
et cherche désespérément à me retrouver parce que quelque chose le pousse à agir ainsi.
Donc je clique sur son nom, faisant ainsi résonner son coucou en lui demandant: "Il y a quelqu'un?"
Et à ma grande surprise, il me répond qu'il est bien là et qu'il est heureux de m'avoir enfin retrouvée.
Vous voulez savoir ce qui s'était passé? En voulant installer la version de Windows 98, il avait perdu tous ses contacts et il ne trouvait plus aucune trace de moi.
Nos discussions reprennent avec enthousiasme et on se rend vite compte qu'on est bien à discuter ensemble et que des liens très étroits
commencent à se former entre nous...
Jean-Claude et moi avons beaucoup d'affinités, de goûts et de points en commun.
On se découvre à chaque jour mais on ne pouvait pas prévoir
que cette rencontre allait nous mener où nous sommes rendus aujourd'hui.
Le mois de septembre débute et avec lui se poursuit l'aventure.
On m'a fait découvrir comment je pouvais avoir une adresse électronique confidentielle, en passant par hotmail.com, ce qui me permettait d'écrire en toute liberté et d'exprimer sincèrement mes angoisses et mes inquiétudes.
Je me dois de vous dire qu'à ce moment précis de ma vie, j'étais en questionnement depuis environ 5 mois sur ma vie de couple et je ne comprenais pas ce qui m'arrivait alors j'avais besoin d'en parler et Jean-Claude était là pour m'écouter.
Puisque lui aussi possédait une adresse personnelle, je pouvais tout lui raconter sans que personne ne puisse prendre connaissance de mes écrits.
Les jours se succèdent les uns aux autres
et les liens qui nous unissent deviennent de plus en plus importants.
Les confidences se font de plus en plus profondes et il se rend bien compte qu'un phénomène est en train de se produire et il a peur...!
Il me fait part de ce changement qui s'opère en lui
et je lui avoue que moi aussi je ressens d'étranges sensations et je me questionne sur ce qui est en train de se passer.
Nous prenons donc conscience du sentiment qui vient de naître entre nous et nous devons en parler;
nous devons s'avouer que c'est dangereux et que les conséquences de notre union virtuelle peuvent tourner en catastrophe!
Nous sommes au début d'octobre seulement et l'aventure se continue...
Comme je suis "novice" en informatique et que lui est technicien dans ses temps libres,
il m'enseigne plusieurs trucs et met ma "patience" à rude épreuve.
Je m'amuse follement à apprendre plein de nouvelles techniques,
je fais des erreurs, il répare, je fais des erreurs, il répare encore
et il est d'une patience angélique avec moi... comme il est adorable cet homme!
Il m'envoie une photo de lui à 17 ans... Merde qu'il est mignon à cet âge là !
Comment il est aujourd'hui ?
Il m'envoie une autre photo 35 ans plus tard et il est tout aussi mignon alors... je fais quoi ?
Je fais "scanner" des photos de moi par quelqu'un qui s'y connaît et je lui envoie;
il m'a avoué que j'ai fait battre son coeur très fort quand il m'a vue...
et plus tard, beaucoup plus tard, il m'a dit être déjà follement amoureux de moi
avant de voir de quoi j'avais l'air.
Le danger nous guette, il se décide de m'écrire une lettre tout à fait "spéciale"...une lettre à la fois érotique et remplie d'une tendresse et d'une sincérité à vous couper le souffle!
Quelle a été ma réaction ?
Le deuxième chapitre vous le révèlera...
Un vendredi après-midi de ce mois d'octobre, il a pris son courage à deux mains
et il m'a téléphoné au bureau.
Il m'avait prévenue qu'il avait le goût d'entendre ma voix et ça ne me déplaisait pas du tout.
Mais quelle voix... quand je l'entendis prononcer mon nom, c'est comme si la terre cessait brusquement de tourner! Il avait des "trémolos" dans la voix et moi aussi mais nous avons discuté pendant de longues minutes.
J'étais heureuse de ce nouveau contact et on se reparlerait encore et encore...
Chaque nouvelle journée était pour moi différente, tant pour l'espoir que je nourrissais de le lire ou de l'entendre que pour les angoisses que me procurait cette relation virtuelle.
Le temps des fêtes approchait et je vivais cette période de réjouissances avec une certaine amertume... je commençais vraiment à comprendre et réaliser que j'aimais vraiment Jean-Claude et qu'une bataille allait bientôt éclater dans mon couple.
À chaque jour, nous avions un contact ensemble; le plus souvent par courriel et il était devenu difficile pour l'un et pour l'autre de garder le secret de notre correspondance puisque nos deux partenaires risquaient de tout découvrir, ce qui fouterait tout en l'air!
Comment une relation virtuelle peut devenir si sincère au point de ne souhaiter qu'un chose:
UNE RENCONTRE PHYSIQUE.
Mais ce n'est pas pour tout d'suite.
Patience, nous ne sommes qu'au début novembre.
J'avais ma soeur qui, comme vous le savez déjà, discutait souvent avec nous deux.
Elle s'est rendue compte que mon opinion sur lui avait changé; il était devenu plus qu'un simple "contact" et Jean-Claude lui parlait de moi d'une façon différente.
Elle a été une écoute parfaite; jamais elle a voulu se mêler de notre histoire et elle ne souhaitait qu'une chose; éviter qu'un chagrin d'amour laisse des traces irréparables entre nous deux.
Jean-Claude me dit un jour que ma soeur lui avait demandé d'aller chez-elle
pour vérifier son ordinateur.
Cette nouvelle m'a fait un "drôle" d'effet. Je ne savais pas pourquoi je réagissais ainsi mais ça me "dérangeait". Je l'ai d'ailleurs dit à Jean-Claude mais je ne l'empêchais pas d'y aller quand même.
Il retardait le jour de cette rencontre afin de ne pas me déplaire.
Mais il finit par se rendre chez ma soeur, un bon dimanche,
et c'est alors qu'elle fit la connaissance de mon Jean-Claude.
Quelle réaction elle a eue!!! Elle m'écrit un email pour me dire que c'était un homme adorable, d'une patience d'ange et que je ne devais jamais faire de mal à un homme comme lui! Merde!
Elle demeurait pas très loin de lui, elle avait pu le voir, lui toucher, lui parler
et moi qui espérait ce jour, j'étais à 850 kilomètres de lui!
Imaginez mon "feeling" quand j'ai lu ce message. J'en voulais au monde entier!
Jean-Claude était bouleversé de ma réaction et j'ai même eu envie de tout laisser tomber,
pensant que cette aventure ne mènerait à rien et que la distance se moquait de nous.
Je me suis finalement remise de mes émotions et je me rends compte aujourd'hui que je n'aurais jamais pu le laisser tomber comme ça!
Les fêtes approchaient à grands pas.
Début décembre bouleversant: j'apprends à mon ex-conjoint que je ne sais plus si je l'aime encore!
Il est consterné, il souffre, il a de la peine et j'ai mal aussi mais je sais plus où j'en suis...
Chapitre 3
Les fêtes se passent sans grandes réjouissances...
Les enfants ignorent encore le malaise entre leur père et moi.
J'ai une fille qui aura bientôt 21 ans et un fils de 17 ans. Mon mari fait tout ce qu'il peut pour me faire plaisir mais il sent que quelque chose ne va pas.
Je n'ai pas le droit de lui dire encore ce qui arrive puisque tout est "virtuel" et j'ai besoin de savoir si ce que je vis n'est pas un simple "coup de coeur" passager et sans lendemain.
Il faut qu'il se passe quelque chose bientôt car cette histoire risque de faire basculer plusieurs vies et c'est ce que Jean-Claude et moi sommes en train de réaliser.
Une journée de janvier je crois, le petit-fils de Jean-Claude a le temps de lire ce que je suis en train d'écrire à son grand-père... ce fut la grande panique! Il se précipite vers sa grand-mère pour lui dire qu'une femme vient de dire à son "papi" qu'elle est amoureuse de lui!!! Catastrophe, explosion de colère, panique générale et d'interminables discussions. Jean-Claude doit mentir pour ne pas créer de doute mais c'est parti... les craintes se fondent, une surveillance serrée de la part de sa femme, des remarques dérangeantes, enfin il faut essayer de continuer de vivre ainsi ou de prendre une décision... ça viendra mais pas encore!
Je propose à Jean-Claude d'espacer nos rencontres sur le "chat" mais il ne veut pas. Tant pis si elle apprend. On a besoin de se retrouver et tant pis pour le reste! Il me téléphone au bureau et ça me rapproche encore plus de lui. Les jours passent et début février, il est question qu'on organise une rencontre physique mais sur un terrain neutre afin de laisser libre cours à nos émotions et aussi afin de vivre pleinement une rencontre, que nous appréhendons, émouvante! Cependant, il faut prendre le temps de s'organiser afin de ne pas éveiller de soupçon, ni d'un côté, ni de l'autre. Je ne suis jamais partie seule depuis 30 ans... mais je dois le faire et je trouverai le moyen.
Cette situation nous bouleverse et nous détestons, tous les deux, devoir mentir à nos conjoints.
Mais on a pas le choix et il faut aller au bout de cette aventure
pour savoir qu'elle sera la bonne décision à prendre.
Février... mois des amoureux. La journée de la St-Valentin! La plus triste de ma vie je crois.
Mon coeur est déchiré entre la naissance de cet amour que je sais si fort et la tristesse de détruire la vie d'un homme qui m'aime toujours autant.
C'est la même chose du côté de Jean-Claude; sa femme l'aime encore autant alors quel combat nous devons vivre tous les deux!
Le dimanche, 21 février 1999, le jour le plus terrifiant de toute ma vie! Le week-end avait été assez "provoquant" suite à certaines interventions verbales de mon mari. Il avait pris de la boisson plus qu'à l'habitude et notre discussion a tourné au vinaigre.
Je me suis retirée et j'ai pleuré un bon coup mais pendant ce temps... il a absorbé plusieurs médicaments et il sait brutalement écrasé, insconscient, dans la cuisine.
Ma fille a crié que son père était tombé et quand je suis arrivée près de lui, j'étais dans une colère délirante jusqu'au moment où j'ai réalisé que quelque chose d'anormal se passait.
Panique... 911, ambulance et questionnement. Pourquoi une tentative de suicide? Aucun être sur cette terre ne mérite qu'on s'enlève la vie pour lui! Les ambulanciers viennent le chercher, je pars pour l'hôpital avec ma fille mais avant, j'avise ma soeur, par "chat" de ce qu'il vient d'arriver.
Jean-Claude doit savoir mais je ne veux pas qu'il s'inquiète alors Denise le rassurera.
À l'hôpital, on ne veut pas que je le vois. Je pleure et j'essaie de dire tout ce que je sais mais j'en peux plus...on me dit de retourner chez-moi avec ma fille et de rappeler le lendemain matin.
Je retourne à la maison et je n'ai qu'une envie...
fermer les yeux et me réveiller
en pensant que c'était un mauvais rêve...
Mais ce n'était pas un mauvais rêve... La réalité venait de me frapper en plein visage! Tout était fini entre mon mari et moi et c'est à cet instant que j'ai réalisé que j'aimais un autre homme, que ma vie n'avait plus le même sens et que je devais rencontrer Jean-Claude pour ensuite, prendre la décision qui s'imposait. Pendant les jours qui ont suivi, je suis allée à l'hôpital voir le père de mes enfants, j'ai essayé de l'encourager, de lui faire comprendre qu'il devait se battre quoi qu'il arrive mais...le poids de ce geste pesait lourd sur notre couple! Je ne me suis jamais sentie coupable de ce qu'il a tenté de faire et je ne me sens pas plus coupable aujourd'hui mais comme il est difficile de vivre un tel évènement. Personne ne peut comprendre tant qu'il n'a pas vécu cette situation, croyez-moi. Je n'ai jamais cessé de travailler et mes compagnes de travail, qui étaient au courant, se demandaient comment je faisais pour être aussi "forte". Mon Dieu, quoi leur dire? Je ne savais pas moi-même comment je pouvais faire mais j'avais besoin de bouger et d'essayer d'oublier! La vie ne m'a pas épargnée car ma fille a une maladie incurable et j'ai dû me battre pour elle pendant 5 longues années alors je pense que je n'avais pas besoin de ce qui m'arrivait mais la vie est ainsi faite.
Pendant ce temps, Jean-Claude m'encourageait et essayait de me redonner espoir mais il savait, lui aussi, qu'une rencontre devait avoir lieu, dans un proche avenir. Il m'avait fait un cd de musique, qu'il avait lui-même produit à l'aide de son clavier, et je l'écoutais aussi souvent que je le pouvais; ça me procurait une sensation à la fois calmante et triste. Calmante parce que ça mettait un baume sur ma cicatrice et triste parce qu'il était loin de moi et que je ne l'avais pas encore rencontré. Mon mari était en arrêt de travail pour une période indéterminée et je devais trouver une solution pour partir quelques jours... un tour de force! Jean-Claude et moi en avons beaucoup parlé pour trouver comment organiser notre rencontre afin ne pas éveiller trop de soupçons. Une stratégie, un plan d'action, une pièce de théâtre du calibre de Michel Tremblay!
Nous sommes début mars 1999, j'avise mon mari que je dois m'isoler quelques jours pour réfléchir à ce que je vivais face à notre couple et aux sentiments que je ressentais pour lui. Il ne devait pas savoir que j'allais rencontré un autre homme et ce pour deux raisons; la première, il était fragile après l'événement de février et la deuxième, je ne savais pas la décision que je prendrais au retour. Notre rencontre a eu lieu à Québec, un terrain neutre, après avoir mis en place une stratégie bien structurée et qui laissait, hors de tout doute, place à la logique et l'ignorance totale. N'allez pas croire que nous prenions plaisir à agir ainsi mais il fallait bouger, maintenant et sans tarder. Nous étions persuadés tous les deux que cette rencontre allait mettre un terme à une situation devenue invivable. Une lourdeur planait autour de moi; mon conjoint ne comprenait pas et je ne pouvais pas lui expliquer! Je suis persuadée que ceux qui ont vécu une situation similaire comprennent ce que je pouvais ressentir à ce moment-là. Une histoire d'amour sur Internet a quelque chose de magique, n'est-ce pas?
Vacances de Pâques; départ pour Québec. Absente 5 jours...j'ai peur et j'ai si hâte de le voir! Jean-Claude est parti avec sa voiture et moi, je faisais le trajet en autobus. Notre rencontre était prévue entre 18h30 et 18h45 à un hôtel de Québec. Plus de 800 kilomètres pour vivre un événement de cet envergure! Nous nous connaissions depuis 8 mois maintenant et nous savions que le sentiment qui nous unissait était fort et sincère mais...
Un taxi m'amène à l'hôtel; il est 18h35 et Jean-Claude est déjà rendu à la chambre et il m'attend. Je monte doucement ces interminables escaliers qui me rapprochent de mon amour virtuel. Mon coeur bat la chamade et je suis essoufflée; chambre 33, il est là, il entend mes pas et j'ouvre la porte....
Nous nous sommes promenés dans les rues de Québec, nous avons mangé dans les restaurants, visité des boutiques et fait de longues promenades en ayant pleine conscience de ce qui était en train de se produire. Tous les soirs, je téléphonais à la maison chez-moi et je devais mentir et encore mentir pour que ma famille ne se doute pas de ce qui se passait réellement. J'avais le coeur serré de devoir agir ainsi et je me disais que tôt ou tard, la vérité éclaterait et que ma famille serait détruite et celle de Jean-Claude aussi. Je n'avais rien à me reprocher avant cette aventure virtuelle qui devenait réelle et cet homme que j'aimais passionnément menait une vie bien rangée avant de plonger dans cette aventure. Quel combat, quel déchirement on aurait à vivre lui et moi mais le sentiment qui nous unissait était si fort qu'il nous donnait la force nécessaire pour affronter ce qui suivrait. Toute bonne chose a une fin et bien cette belle rencontre aussi devait se terminer et le moment de nous séparer était arrivé. Pas de larmes mais le coeur gros comme un océan,
Jean-Claude vient me reconduire à la gare d'autobus qui me ramènerait dans ce monde qui n'était plus le mien et qui ne voulait plus dire grand chose si nous étions loin l'un de l'autre.
Jean-Claude est reparti pour Montréal en se demandant comment se passerait le retour car notre plan d'action serait pour lui une situation des plus délicate. Questionnement, curiosité et probablement des doutes bien fondés sur cette période d'absence. On ne savait pas du tout la suite de cette histoire mais une chose était certaine; nous garderions contact sur Internet quoi qu'il arrive. Le voyage a paru très court parce que les scénarios défilaient l'un après l'autre et j'aurais voulu ne jamais me rendre à destination! Il est venu me chercher à l'arrêt d'autobus... quelle réalité m'a frappée en plein visage: l'homme qui se tenait devant moi, l'homme qui était le père de mes enfants et avec qui j'avais vécu 30 ans... cet homme était devenu comme un ami, un frère; un point c'est tout. J'avais la réponse à mes questions, mes doutes se sont dissipés d'eux-mêmes et j'avais le coeur en miettes. Quelle réalité et quelle façon directe de trouver réponses aux questions qu'une femme mariée depuis 25 ans se posent en rapport avec ses sentiments.
Pour Jean-Claude, ce fut sensiblement le même feeling, c'est-à-dire que la vue de sa femme lui a révélé aussi qu'il ne ressentait plus d'amour pour elle. Il devait faire semblant jusqu'à ce que la vérité éclate ou que le silence s'installe. Je n'avais jamais trompé mon mari avant et je n'avais pas l'impression de l'avoir fait puisque maintenant je savais que je n'accepterais plus qu'il me touche. Jean-Claude a connu la même situation, ce qui prouvait que nous étions liés l'un à l'autre pour l'amour de nos coeurs et de nos corps. Il ne s'est écoulé que 3 jours, 4 tout au plus, pour que je lui annonce que je partais de la maison pour aller vivre seule et pour un temps indéterminé. Je ne voulais pas qu'il sache encore que j'aimais un autre homme car je voulais l'épargner; je savais qu'il aurait mal et que je détruirais sa vie. Ai-je bien fait de lui cacher la vraie raison?
Il m'a fait vivre l'enfer pendant 2 jours; sa colère et sa violence verbale ont détruit tout ce qu'il me restait de sentiment pour lui.
Il était en arrêt de travail suite aux événements passés et comme il savait que je quitterais la maison dans les semaines qui suivraient, il a décidé de se rendre chez sa mère pour quelque temps. Cette décision m'a permis d'agir en toute liberté et sans avoir à lui faire subir cette dure réalité; mon départ. Je me suis donc prise un appartement et je me suis installée seule pour vivre ma nouvelle vie. Jean-Claude a continué de taire notre liaison mais les jours qui suivirent furent difficiles et il se devait de prendre une décision. Quand je lui ai avoué que je quittais la maison pour aller vivre seule, il a décidé de faire le voyage et de venir me retrouver pour un week-end de trois jours. Il a donc dit à sa femme qu'il partait, sans destination précise, parce qu'il avait besoin d'un temps de reflexion. J'étais si heureuse de le voir et je savais que je ne pourrais plus vivre sans lui. On ne savait pas ce qui se passerait pour nous deux mais Jean-Claude ne pouvait plus se taire et à son retour, il allait tout lui avouer. Quand il a quitté l'appartement, j'avais le coeur gros et j'aurais voulu qu'il reste avec moi mais nous devions nous quitter encore une fois. Quelques jours après son retour, sa femme est revenue de son travail plus tôt et lui a demandé s'il avait une autre femme dans sa vie et c'est là que tout a éclaté. Il lui a tout dit, tout raconté. Elle a su que la femme qui discutait avec lui depuis 8 mois était celle qu'il aimait maintenant.Il a quitté la maison pour aller vivre chez une de ses soeurs, le temps que les choses se replacent.
Nous devions tourner la page de notre vie antérieure et ouvrir grand les bras sur celle qui s'ouvrait devant nous. Nous savions que ce serait pénible pour les premiers mois mais le sentiment qui nous unissait était plus fort que tout ce qui pouvait arriver. L'amour...le vrai; le véritable partage, la véritable don de soi, le véritable et mystérieux départ vers une nouvelle vie.
Nous étions à la mi-mai et je devais aller le voir le 24 juin seulement. Nous étions sur Internet aussitôt que nous avions quelques minutes, nous étions des heures au téléphone et on comptait les jours qui nous restaient avant d'être à nouveau réunis. Pendant ces longues semaines, il fallait faire face à la famille et particulièrement à nos enfants. Quel dure coup pour eux; même si ce sont des adultes, il faut comprendre qu'ils acceptent mal la séparation de leurs parents. De toute façon, il fallait laisser le temps faire son travail et malgré tout ce que les gens autour de nous pouvaient dire ou penser, rien ne pouvait empêcher cette liaison qui n'était pas seulement un "trip" ou une aventure sans conséquence. Nous savons tous les deux que plusieurs personnes ont pensé que c'était un coup d'tête et que ça ne durerait pas, que l'un ou l'autre reviendrait auprès des siens ou que le sentiment que nous partagions n'était peut-être pas aussi fort qu'on le croyait... Jean-Claude et moi étions totalement épris l'un de l'autre. Nos échanges sur Internet étaient profonds, sincères et sans aucune retenue. On se disait tout; je vous épargnerai les détails mais nos conversations allaient au-delà des banalités quotidiennes. Nos aveux ont parfois été secouants et même troublants mais l'écoute, la tendresse et la compréhension des deux côtés, ont fait que notre attachement, l'un envers l'autre, a connu le déroulement que mon coeur et mes écrits ont accepté de vous livrer. Nos deux familles respectives ont accepté la situation avec compréhension et respect envers nous. Ils ont compris que ce choix ne leur appartient pas et qu'ils n'ont pas à juger ou à interpréter une décison de cette importance. Vers le 20 juin, Jean-Claude s'est trouvé un petit appartement et quelques jours plus tard, je partais le rejoindre pour le temps des vacances. Dans cet autobus qui me conduisait près de lui, je revoyais notre première rencontre, le week-end passé avec moi, les instants de bonheur que nous avions vécus et le voyage me paru une éternité!
Il est venu me chercher à la gare d'autobus et je ne souhaitais qu'une chose; me retrouver dans ses bras et me laisser tendrement bercer contre son coeur... et c'est ce qui arriva! Je serais avec lui pendant trois belles semaines et c'était tout ce qui comptait.
Je l'ai quand même trouvé très courageux de tout quitter sans regarder en arrière; je l'aime pour son courage, pour sa franchise et pour sa compréhension. Je sais aujourd'hui que son amour pour moi est inconditionnel et qu'aucune barrière n'aurait pu réussir à l'arrêter!
Donc le 1er octobre 1999, nous étions près l'un de l'autre et le sort était jeté: nous bâtirions un nouvel avenir ensemble. De mon côté, je devais affronter une autre réalité; mon ex-conjoint attendait ma réponse, à savoir si après une période de réflexion, j'avais pris ma décision: je revenais vivre avec lui ou c'était fini pour de bon entre nous deux.
Confrontation, comportements agressifs, paroles blessantes, etc...
