Notre-Père

Les catholiques de langue française,
depuis plus de trois siècles, récitaient ainsi le Notre Père :


Notre Père, qui êtes aux cieux
Que votre nom soit sanctifié.
Que votre règne arrive.
Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.
Et pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
Mais délivrez-nous du mal.
Ainsi soit-il.


Or voilà qu’en 1964,
dans un esprit d’œcuménisme,
une Commission mixte[1] (catholiques, or­thodoxes, protestants)
entreprit de faire adopter une tra­duction commune du Notre Père :


Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.


On note immédiatement le tutoiement. L’usage actuel du vous comme forme de respect et de politesse est établi depuis le XVIIe siècle.Cependant, en français mo­derne, l’usage du tu peut être à la fois très familier et tout à fait respectueux. Lorsque Jésus nous dit d’appeler notre Père Abba, c’est-à-dire Papa, il est permis de penser qu’il nous invite, en certaines circonstances, à tutoyer affec­tueusement et avec respect notre Père du Ciel.



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